Prophylaxie, dépistage et communication autour des IST dans les milieux sexpo/Kinky.
- Jo Passereux

- 10 juin 2025
- 2 min de lecture
Pour retrouver l'intégralité du texte, cliquez ici
Récemment j’ai pris part à l’organisation d’un évènement kinky annonçant notamment un atelier intitulé « blood play et prophylaxie ». Lorsque nous avons voulu en faire la promotion sur les réseaux, les responsables d’un groupe Facebook sexpo nous ont reproché très vertement notre « manque de responsabilité » parce qu’il était mentionné dans la documentation autour de l’évènement que le dépistage des pathologies transmises par le sang était « fortement recommandé », et non obligatoire. Outré que nous ne demandions pas impérativement aux participant·es de se dépister, ce groupe a décidé de ne pas relayer l’annonce de notre événement.
Certes, je conçois parfaitement que le blood play, qui reste une pratique marginale, fasse peur et suscite des réactions de rejet. Or, je crois qu’on n’empêchera pas les gens curieux d’explorer leurs kinks, aussi risqués soient-ils, alors il me paraît indispensable de diffuser aussi largement que possible les connaissances pour s’adonner à ces pratiques de façon informée. J’imagine que la réaction de rejet que peut provoquer l’évocation du blood play provient d’une méconnaissance de la pratique (transformant celleux qui s’y adonnent en personnes terribles qui échangent joyeusement leurs fluides dans l’inconscience la plus totale) et d’une peur exacerbée du sang, fluide certes pathogène – au même titre que beaucoup d’autres – et symboliquement très chargé. Mon expérience sur le terrain est toutefois que les personnes portées sur les kinks perçus comme extrêmes sont généralement éduquées sur les risques qu’elles encourent avec leurs partenaires, et globalement plus prudentes que la population générale. (Je trouve aussi ironique qu’on ait complètement ignoré le fait que l’atelier blood play annonçait clairement une partie dédiée à la prophylaxie.)
Il se trouve que je m’interroge depuis longtemps sur la question de la gestion des IST dans les milieux sexpo et kinky/BDSM, sur la pédagogie accordée (ou non) au sujet, et sur le discours autour de la prise de risque. J’ai constaté à titre personnel, notamment lors d’ateliers, que beaucoup de gens fréquentant ces milieux étaient mal informés. La réaction qu’a suscitée l’annonce de notre événement dans ce groupe me semble intéressante, parce qu’elle incarne parfaitement tous les problèmes qu’on rencontre aujourd’hui quant à la gestion et à la communication autour des IST et de la réduction des risques.
- 2024 -
Texte et illustration de Jo Passereux @jolapatouille
Mis en page par Zoé @zoecrevisse / @kru_zoe
Commentaires